Accéder au contenu principal

QBOT : LE MALWARE QUI FAIT SAUTER LA BANQUE

L’éditeur américain Proofpoint fait la lumière sur une cyber-attaque qui a permis à des pirates russes de récupérer les données associées à plus de 800 000 transactions bancaires en ligne.

Nom : Qbot. Nature : cheval de Troie. Signe particulier : a infecté au moins un demi-million de PC, occasionnant la fuite de données liées à plus de 800 000 transactions bancaires en ligne.

Ce malware a fait l’objet d’une étude approfondie de la part des équipes de Proofpoint. L’entreprise américaine spécialisée dans la sécurité informatique l’a découvert en menant des travaux sur une cyber-attaque d’envergure visant les systèmes d’information de grandes institutions financières en Europe et aux Etats-Unis.

Associé à une infrastructure complexe de serveurs et à plusieurs logiciels malveillants, Qbot (aussi appelé Quakbot) est l’œuvre d’un groupe de pirates vraisemblablement localisé en Russie. Il s’est propagé via des sites Web tous basés sur le CMS WordPress et dont les malfaiteurs avaient pris le contrôle grâce à des listes d’identifiants et mots de passe – essentiellement FTP – achetés sur des places de marché dédiées. Après quoi il leur restait à insérer, sur certaines pages, un script appelant ledit Qbot, hébergé sur un serveur tiers.

Il semble que toutes les injections, de type dynamique, aient été réalisées manuellement, sans outils particuliers qui auraient pu accélérer la détection de vulnérabilités. Les pirates ont aussi exploité les newsletters envoyées par certains des sites dont ils avaient pris le contrôle. Dans tous les cas, leur exploit s’appuie sur une faiblesse dans certains navigateurs Web, qu’elles soient présentes nativement ou via des plugins.

L’attaque est gérée par un système de distribution de trafic (TDS) qui « filtre » les victimes : les pages malveillantes ne sont présentées qu’à certaines machines selon des critères allant de l’adresse IP au système d’exploitation en passant par la langue du navigateur. Certains postes clients sont exclus d’office ; en premier lieu, ceux détectés comme appartenant… à des chercheurs en sécurité.

Visiter le site infecté suffit à déclencher, en arrière-plan, le téléchargement de Qbot. Une fois installé, le trojan se connecte à un serveur de commande et de contrôle (C&C). Il est alors à la disposition des pirates, qui peuvent prendre le contrôle de la machine à distance. Lors des transactions bancaires, le malware intercepte le trafic HTTP sécurisé au moment où il est déchiffré dans le navigateur.

En se référant aux logs, Proofpoint a constaté que les pirates utilisaient le service Scan4U pour vérifier que leurs attaques passaient bien inaperçues auprès des principales solutions antivirus du marché. Dans le cas contraire, ils recevaient automatiquement un message par ICQ. Au final, ils ont atteint les cinq plus grandes banques américaines en passant, dans 82 % des cas, par internet Explorer. Sur le front des systèmes d’exploitation, 52% des PC touchés étaient sous Windows XP, qui ne bénéficie plus d’aucun correctif de sécurité depuis avril 2014.

Le réseau de botnets (ordinateurs « zombies ») créé avec Qbot a aussi été monnayé à d’autres groupes de pirates sous la forme d’un service de proxy leur permettant de se constituer un « cloud privé » pour transférer des données sensibles. D’après Proofpoint, le butin moyen pourrait s’élever à 25 000 dollars par compte bancaire. L’éditeur recommande aux utilisateurs finaux de maintenir à jour leur système et leurs applications critiques (Java, Adobe Flash et Reader, les navigateurs Web) ; et aux banques de systématiser la double authentification pour compliquer la tâche des pirates.

source : http://www.itespresso.fr/qbot-malware-sauter-banque-79997.html?utm_content=bufferea550&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Cisco prédit une pénurie de spécialistes de la sécurité informatique en 2014

Cisco vient de publier son rapport annuel sur la sécurité pour 2014, qui révèle que le nombre total de vulnérabilités et de menaces a atteint un niveau record depuis le début de leur recensement en mai 2000. En octobre 2013, le nombre total d'alertes cumulées a augmenté de 14 % en glissement annuel par rapport à 2012. Le rapport de Cisco note de multiples méthodes assez sophistiquées (ingénierie sociale, infiltrations, etc.) utilisées par les cybercriminels. Les entreprises, qui ne sont pas assez parées pour assurer leur sécurité, feront en plus face un manque de professionnels en sécurité. Cisco souligne que l’année 2014 sera marquée par une pénurie de plus d'un million de professionnels spécialisés dans le domaine de la sécurité. «  Du fait de leur sophistication, les technologies et tactiques employées par les criminels en ligne – et leurs tentatives incessantes d’infiltration dans les réseaux et de vol de données – ont désormais pris de vitesse les professionnels de l...

Rapport viral de l'année 2013

Le 06 février 2014 Doctor Web présente un bilan des menaces les plus importantes et/ou significatives ayant touché les utilisateurs en 2013. L'année 2013 a mis en lumière plusieurs menaces pour la sécurité informatique. Comme en 2012, l'une des grandes tendances de l'année passée a été la propagation des Trojans encoders qui ont touché les utilisateurs dans de nombreux pays.  Les spécialistes ont observé une augmentation du nombre de logiciels malveillant visant à afficher de la publicité sur les ordinateurs des victimes, ou à récolter de la crypto monnaie Bitcoin et Litecoin (surtout à la fin de l'année). La gamme de logiciels malveillants ciblant Android s’est considérablement élargie. Situation virale Les malwares les plus répandus en 2013 selon les statistiques de l'utilitaire de traitement Dr.Web CureIt! restent les Trojans de la famille  Trojan.Hosts , dont le plus répandu est le  Trojan.Hosts.6815 , qui modifie le fichier hosts sur l'ordinateur inf...
C’est sans doute le plus gros scandale de l’histoire des télécommunications modernes, et il est passé presque inaperçu ; le piratage par la  NSA  d’un câble sous-marin détenu (entre autres) par  Orange , le SEA-ME-WE 4. Cette liaison en fibre optique, co-gérée par un consortium de seize opérateurs mondiaux, assure une partie des liaisons nécessaires au bon fonctionnement du réseau téléphonique et Internet. Un grand nombre de communications y transitent, puisque la liaison relie la France (à partir de Marseille) à l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, et une petite partie de l’Asie. illustration Wikicommons De nouvelles révélations d’Edward Snowden indiquent que l’agence américaine de renseignements a organisé le piratage de ce réseau, début 2013. Cette attaque leur a permis de collecter des informations sur la structure et la cartographie du réseau, mais également sur une partie des données qui y transitaient : certaines données permettant, une fois c...