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Classement contradictoire du Maroc en matière de sécurité informatique


Second au Global cyber security index, il est décrié par Symantec et Microsoft


Une fois n’est pas coutume, nous figurons parmi les premiers. En effet, le Maroc vient d’être classé deuxième en termes de sécurité informatique, derrière le sultanat d’Oman,  parmi 22 pays de la région. Le Royaume a reçu la note de 0,558 contre 0,765 pour Oman et 0,500 pour l’Egypte, classé troisième. C’est ce que révèle le Global cyber security index présenté en Thaïlande le 19 novembre dans le cadre du ITU Telecom World 2013.
Un classement qui laisse perplexe puisque le Maroc a été classé 49ème pays à risque en matière de sécurité Internet et 3ème  au niveau africain dans le 18ème rapport annuel de Symantec, cabinet mondial spécialisé dans la protection de données. Ce dernier a classé le Maroc dans le top 50 des pays à risque et 3ème en Afrique en 2012.
Les conclusions de Symantec étaient néanmoins équivoques. Les risques d'attaques ciblées ont augmenté de 42% en 2012 par rapport à l'année précédente et le Maroc est d'autant plus enclin à atteindre la zone rouge que 31% des cyber-attaques de l'an dernier avaient  essentiellement ciblé des PME. Un chiffre qui a carrément triplé par rapport à 2011 (18% un an plus tôt).
En outre, et selon les statistiques du géant mondial de l’informatique Microsoft, le Maroc serait 3,5 fois plus vulnérable aux logiciels malveillants que la moyenne mondiale du fait que la majorité des programmes qui y sont utilisés ne sont pas des originaux et qu’un nombre fort important de services informatiques nationaux ne disposent pas de licences d’authentification.Pour Rachid Jankari, directeur de publication de Maghreb Digital, ce classement est surprenant du fait que la question de la sécurité informatique demeure bannie du débat public. « Il y a un flou qui entoure cette question et malgré les vœux de l’Etat dans ce domaine, la sécurité informatique tarde à se concrétiser en politique publique effective.  Sa gestion relève encore des compétences des militaires », nous a-t-il expliqué.
Notre source estime aussi que la vulnérabilité des systèmes de sécurité informatique nationaux remet en question ce classement. « Le Maroc reste un pays vulnérable à des attaques virtuelles, à des piratages informatiques, à des intrusions numériques, etc… Des menaces qui touchent même les pays les plus développés », nous a-t-elle précisé.
Même constat au niveau du secteur privé, nous a indiqué notre source. Selon elle, les entreprises privées s’estiment à l’abri des dangers et se contentent de gérer cette question souvent en aval. « Les services informatiques du secteur privé préfèrent se comporter comme des pompiers qui n’interviennent que lorsqu’il y a une menace pour en limiter les dégâts », nous a-t-elle confié.
A ce propos, Symantec explique dans son rapport que les cybercriminels sont attirés par les coordonnées bancaires des entreprises, leurs données commerciales et leur propriété intellectuelle. A ce titre, 27% des intrusions visent non plus les dirigeants des entreprises mais les "collaborateurs liés au capital informationnel des entreprises".
Des propos que ne semble pas confirmer Hassan Karoum, gérant de Wide It, entreprise spécialisée dans la sécurité informatique. Selon lui, il y aurait une conscience de plus en plus forte de la part des entreprises privées de l’importance et des enjeux de la sécurité informatique.
La deuxième place occupée par le Maroc dans le classement du Global cybersecurity index serait donc logique. Il estime que le Royaume aurait dû occuper la première place du podium. « On a de bons spécialistes en la matière et ils ont une bonne réputation notamment dans ce qu’on appelle le Hacker ethic », nous a-t-il confié. Selon lui, si le Maroc est classé deuxième, cela est imputable au fait que beaucoup d’informaticiens marocains ne maîtrisent pas la langue anglaise dont l’utilisation est quasiment la règle dans le secteur informatique. 

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