Accéder au contenu principal

AVIS D'EXPERT : Mot de passe, chronique d’une mort annoncée

L’authentification par mot de passe est morte. Ce n’est pas encore entré dans les mœurs de la plupart des acteurs de l’Internet, et encore moins chez les utilisateurs, mais c’est pourtant le cas. Au même titre que telnet est mort et enterré au profit de ssh - à tel point que l'on a presque du mal aujourd'hui à se souvenir que l'on a pu jadis utiliser telnet - l’authentification par mot de passe est morte, et l’entrée dans l’ère de l’authentification à deux facteurs généralisée est inévitable.

Il y a plusieurs raisons à cela. D'abord, les utilisateurs, bien sûr. De plus en plus nombreux, et de moins en moins sensibilisés aux principes de sécurité informatique (corollaire de la démocratisation et de la généralisation d'Internet dans les sociétés), ils offrent une surface d'attaque toujours grandissante. L'augmentation du nombre de plateformes web très populaires en nombre d'abonnés accroît également le risque, la plupart des personnes utilisant inévitablement le même mot de passe sur l'ensemble des sites web. Le login, quant à lui, est aujourd'hui universellement accepté comme étant par défaut l'adresse e-mail de l'abonné, et en cela la centralisation des plateformes e-mails aggrave encore le problème : trouver un login valide sur une plateforme en ligne par simple essai/erreur est de fait pratiquement une équation à zéro inconnue.

Le principe même de "mot de passe" est très souvent perçu comme une contrainte insupportable et surfaite, et il est complexe de convaincre un utilisateur non versé dans la sécurité informatique que cet élément est critique pour la protection de ses données personnelles. Il est facile donc de rejeter la faute sur l'utilisateur, incapable de comprendre les enjeux du choix d'un mot de passe fort. Mais des milliards de personnes peuvent-elles avoir tort ? Et si c'était la communauté de la sécurité informatique qui se trompait depuis le début ? Nos cartes bancaires - rien de moins que ça - sont protégées par un simple code PIN à 4 chiffres, alors comment espérer convaincre les utilisateurs de protéger leurs selfies sur Facebook avec un mot de passe fort à 10 caractères et majuscules-minuscules-chiffres-ponctuation obligatoires ? Les gens détestent les mots de passe, et ils ont raison.

S'il fallait encore s'en convaincre, il est facile de constater que même un mot de passe fort, comme souvent rendu obligatoire par les chartes informatiques des entreprises, ne règle en réalité qu'assez peu de problèmes de sécurité. Que dire du mot de passe, dont l'entropie est plébiscitée par le RSSI local, simplement noté sur un post-it ? Que penser du mot de passe fort tout juste généré par le SI, envoyé en clair par e-mail et stocké à vie sur l'ordinateur du salarié ? Que faire du mot de passe fort épelé consciencieusement par l'utilisateur au téléphone, parce qu'une personne à l'autre bout du fil se faisant passer pour le département informatique, le lui a simplement demandé ? Même en quittant le monde de l'entreprise et en revenant à l'Internet en général, comment faire confiance aux multiples sites web ou forums en tout genre, à propos du stockage en base de données des mots de passe qui leurs sont confiés ? Combien d'entre eux renvoient simplement le mot de passe oublié par e-mail, indiquant qu'il était stocké en clair dans leur base ? Combien utilisent encore un algorithme de hashage de type MD5 non salé, tellement simple à inverser à l'aide d'algorithmes jouant sur le compromis "temps de calcul/espace mémoire" (type tables arc-en-ciel), aujourd'hui à la portée de n'importe qui grâce au coût dérisoire du stockage ?

source: https://www.ovh.com/fr/news/articles/a1682.mot-de-passe-chronique-d-une-mort-annoncee

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Un million de comptes Google compromis à cause d’un virus sur mobiles

Le spécialiste en sécurité informatique CheckPoint a découvert un nouveau malware qui infecterait plus de 13.000 smartphones Android par jour par le biais de fausses applications. L’équipe de recherche de Check Point avait déjà rencontré le code de Gooligan dans l’application malveillante SnapPea l’année dernière. En août 2016, le logiciel malveillant est réapparu sous la forme d’une nouvelle variante et aurait depuis infecté plus d’un million de smartphones Android à travers le monde. Selon CheckPoint, 57% des appareils infectés seraient situés en Asie, et seulement 9% en Europe. Le danger ici vient du fait qu’une fois installé, le malware est capable de “rooter” la machine et de dérober les adresses email et les jetons d’authentification qu’elle stocke. Concrètement, plus d’un million de comptes Google auraient ainsi été compromis. Outre dérober les informations, les pirates profitent également du piratage pour générer des revenus frauduleux en installant des applica…

Alerte Cisco : faille de sécurité sur certains modems et routeurs

La fonction d’accès à distance de certains appareils Cisco, plutôt destinés aux particuliers, souffre d’une vulnérabilité permettant la prise de contrôle par Internet. Quels sont les modèles concernés ? Comment réparer cette faille ?

Comme de nombreux routeurs, les équipements Cisco proposent une fonction de gestion à distance, via un accès web en HTTPS (HTTP sécurisé). Mais malheureusement, cet accès chiffré ne suffit pas à sécuriser complètement une connexion distante : l’exploitation d’un bug par dépassement de tampon (buffer overflow) peut permettre à un pirate d’accéder au routeur, sans saisir d’identifiant ou de mot de passe, et d’en prendre le contrôle. Concrètement, il suffit d’injecter du code malveillant dans les champs d’identification, au delà du nombre de caractères normalement accepté. Cette vulnérabilité a été dévoilée par l’entreprise Cisco elle-même, le 16 juillet dernier. Quels sont les modems et routeurs concernés ? Les matériels impactés correspondent à des modems …

Is 4G putting your mobile at risk of hacking?

Research has found security is among the top concerns for phone usersMost high-end phones now work on 4G, also known as LTE technologyLTE covers a wider range of frequencies than previous 2G and 3G networksIt transmits data in a way that gives it the potential to be 100 times fasterBut experts warn this method also makes the technology less secure


Is 4G putting your mobile at risk of hacking? Super-fast networks are not as secure as older, slower systems, claims expert


Almost every phone launched at this week's Mobile World Congress was sold on the promise of having super-fast speeds thanks to built-in LTE technology.
LTE, also known as 4G, officially launched in the UK last year, but it’s been growing in popularity globally for the past five years.
The technology covers a wider range of frequencies and has the potential to be up to 100 hundred times faster than slower 2G and 3G networks, but a software and security expert has told the MailOnline this increased speed comes at a pric…