Accéder au contenu principal

Comprendre la faille WiFi Android (PNO)

Depuis quelques jours, le web regorge d’articles sur une vulnérabilité dans la fonction WiFi des appareils Android : cette faille permettrait de dévoiler nos données personnelles et de nous suivre à la trace. Sans être faux, c’est tout de même un peu exagéré ! Dans tous les cas, voici comment ne pas être victime de cette faille.

La faille de sécurité liée au fonctionnement du WiFi des équipements Android (smartphones, tablettes) a été découverte par l’EFF (Electronic Frontier Foundation). Elle est directement liée à la fonction Preferred Network Offload (PNO), et sa composante Open Source wpa_supplicant. A l’origine, cette fonction permet au smartphone de mémoriser le nom (SSID) des 15 derniers réseaux WiFi auquel l’appareil a été connecté. Mais lorsqu’il est déconnecté et en veille, le smartphone émet régulièrement et en clair (c’est à dire sans aucun chiffrement) le nom de ces réseaux mémorisés, afin de s’y reconnecter automatiquement s’ils sont à portée. Il est donc théoriquement possible de récupérer illégitimement ces informations envoyées dans les airs par le smartphone.

iOS également concerné

Tous les appareils fonctionnant sous Android 3.1 (Honeycomb) et supérieurs sont concernés. Mais pas seulement ! iOS 5 souffrirait également de ce mal. Ainsi que Windows 7 et OS X, mais dans une moindre mesure, puisque par définition des ordinateurs (même portables) sont moins mobiles que des smartphones.

Espionnage et suivi de géolocalisation ?

Lorsque ces révélations ont été publiées, deux types de réactions opposées se sont manifestées :

« On peut collecter le nom des réseaux WiFi auxquels je me suis récemment connecté. Et alors, quelle importance ? »
« Les SSID auxquels je me suis connecté sont des données personnelles qui permettent de retracer mes déplacements et de violer ma vie privée »
En fait, le degré d’inquiétude à avoir se situe à mi-chemin entre ces deux types de réactions : la possibilité technique de relever les noms de réseaux WiFi personnels n’est pas anodine, et peut en effet révéler des indications sur notre vie privée, notamment si ces SSID sont explicites, comme par exemple « NewYork-airport », « office-de-tourisme-rouen-wifi », « livebox-appartement-penelope », ou « bar-des-sports-trouville-hotspot ». Auquel cas, en effet, il possible d’en déduire un itinéraire, et des éléments de vie privée.

Mais d’un autre côté, ces données sont partielles et imprécises, et les SSID (notamment personnels) sont généralement moins explicites que ceux cités ici en exemple ! Enfin, il existe des solutions assez simples pour éviter de diffuser ainsi ces informations.

WiFi, données personnelles et réglages Android

Dans les paramètres Android, il existe plusieurs solutions pour configurer intelligemment son WiFi, que ce soit de manière générale, ou plus spécifiquement pour contrer la faille présentée ci-dessus :

N’activer le WiFi que lorsqu’on en a besoin : en limitant ainsi les émissions sans fil, vous minimisez l’envoi d’informations personnelles, tout en préservant la batterie de votre appareil.
Désactiver la fonction d’activation WiFi en mode veille : Paramètres > Wi-Fi > Options avancées > Wi-Fi actif en veille > Jamais.
Éventuellement supprimer de la liste les réseaux WiFi auquel on s’est connecté par le passé.
Un correctif wpa_supplicant a été publié la semaine dernière par Google, mais il n’est pas encore intégré à Android : la mise à jour pourra tarder, surtout pour les versions Android modifiées par les fabricants (Samsung, LG, HTC, etc.) et les opérateurs (Orange, SFR, etc.)

source : http://www.panoptinet.com/cybersecurite-decryptee/comprendre-la-faille-wifi-android-pno/

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Rapport viral de l'année 2013

Le 06 février 2014 Doctor Web présente un bilan des menaces les plus importantes et/ou significatives ayant touché les utilisateurs en 2013. L'année 2013 a mis en lumière plusieurs menaces pour la sécurité informatique. Comme en 2012, l'une des grandes tendances de l'année passée a été la propagation des Trojans encoders qui ont touché les utilisateurs dans de nombreux pays.  Les spécialistes ont observé une augmentation du nombre de logiciels malveillant visant à afficher de la publicité sur les ordinateurs des victimes, ou à récolter de la crypto monnaie Bitcoin et Litecoin (surtout à la fin de l'année). La gamme de logiciels malveillants ciblant Android s’est considérablement élargie. Situation virale Les malwares les plus répandus en 2013 selon les statistiques de l'utilitaire de traitement Dr.Web CureIt! restent les Trojans de la famille  Trojan.Hosts , dont le plus répandu est le  Trojan.Hosts.6815 , qui modifie le fichier hosts sur l'ordinateur inf...
C’est sans doute le plus gros scandale de l’histoire des télécommunications modernes, et il est passé presque inaperçu ; le piratage par la  NSA  d’un câble sous-marin détenu (entre autres) par  Orange , le SEA-ME-WE 4. Cette liaison en fibre optique, co-gérée par un consortium de seize opérateurs mondiaux, assure une partie des liaisons nécessaires au bon fonctionnement du réseau téléphonique et Internet. Un grand nombre de communications y transitent, puisque la liaison relie la France (à partir de Marseille) à l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient, et une petite partie de l’Asie. illustration Wikicommons De nouvelles révélations d’Edward Snowden indiquent que l’agence américaine de renseignements a organisé le piratage de ce réseau, début 2013. Cette attaque leur a permis de collecter des informations sur la structure et la cartographie du réseau, mais également sur une partie des données qui y transitaient : certaines données permettant, une fois c...

Le malware BlackPOS utilisé lors du piratage de TARGET développé par pirate russe de 17 ans

La violation de données impliquant la chaine américaine de supermarchés TARGET ayant eu lieu pendant les fêtes de fin d’année semble faire partie d’une campagne de piratage international de grande envergure et hautement sophistiqué contre plusieurs détaillants, impliquant le piratage de 110 millions de cartes de crédit/débit, et autant de renseignements personnels. Target a confirmé la semaine dernière que des logiciels malveillants ont été intégré dans le matériel équipant ses point de vente à ses comptoirs de caisse pour recueillir des données sécurisées comme les informations de cartes de crédit utilisées lors des transactions. Il s’avère que le malware utilisé est appelé BlackPOS, également connus sous le nom « reedum » ou encore « Kaptoxa ». C’est un kit d’exploitation pirate efficace, d’origine russe, qui a été créé en mars 2013 et disponible sur les sites undergrounds du BlackMarket pour des sommes variant de $1800 à $2000. Les enquêteurs de  Intel...