Accéder au contenu principal

Des pirates exploitent une faille dans Windows Server 2003

Alors que le support de Windows XP se terminera en avril prochain, les découvertes de vulnérabilités dans le système d'exploitation de Microsoft se multiplient... Dernière en date celle exploitant le pilote NDProxy.sys.

Selon des chercheurs de FireEye, des pirates exploitent activement une vulnérabilité non corrigée de Windows XP et Windows Server 2003 via Adobe Reader. Celle-ci leur permet d'exécuter du code avec des privilèges plus élevés que ceux auxquels ils peuvent normalement prétendre. La vulnérabilité se trouve dans NDProxy.sys, « un pilote fourni par le système qui sert d'interface aux pilotes miniport WAN, aux gestionnaires d'appels, et aux gestionnaires miniport d'appel pour les services Tapi (Telephony Application Programming Interface), un standard défini par Microsoft, qui assure la compatibilité entre les applications et les périphériques de télécommunication. « Un attaquant qui parviendrait à exploiter cette vulnérabilité pourrait exécuter du code arbitraire en mode kernel », a déclaré Microsoft dans un bulletin de sécurité publié mercredi. « Un attaquant pourrait alors installer des programmes, afficher, modifier ou supprimer des données ou créer de nouveaux comptes dotés de droits administratifs complets ».

Il s'agit d'une vulnérabilité par élévation-de-privilège (EoP), et non pour l'exécution de code à distance, ce qui signifie que les attaquants doivent d'abord accéder au système cible en utilisant un compte avec des privilèges réduits avant de pouvoir exploiter la faille. Selon Microsoft, cette vulnérabilité est déjà exploitée, « dans des attaques limitées et ciblées », et n'affecte pas les versions Windows au-delà de Windows XP et Windows Server 2003. L'éditeur a livré une solution de contournement temporaire qui implique la désactivation de NDProxy.sys. Mais certains services qui dépendent de TAPI, comme le service d'accès distant Remote Access Service (RAS), l'accès réseau par commutation et le réseau privé virtuel (VPN) peuvent ne plus fonctionner.

Microsoft a crédité le fournisseur de sécurité FireEye qui l'a aidé à enquêter sur cette vulnérabilité référencée CVE- 2013-5065. Cette faille EoP est exploitée en association avec une vulnérabilité présente dans d'anciennes versions d'Adobe Reader, corrigée au mois de mai dernier. « Ces attaques coordonnées permettent d'exécuter du code à distance », ont déclaré dans un blog les chercheurs en sécurité de FireEye, Xiaobo Chen et Dan Caselden. « L'exploit cible les ordinateurs exécutant Adobe Reader sous Windows XP Service Pack 3, mais les utilisateurs qui ont les dernières versions d'Adobe Reader devraient être protégés », ont-ils précisé. Selon les chercheurs, en cas de succès, l'exploit permet d'introduire un fichier exécutable dans le répertoire temporaire de Windows et de l'activer.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Juniper met en garde contre la présence de code-espion dans ses pare-feu

Quelques mois après les révélations d'Edward Snowden, Juniper signale la présence de code-espion, une back door, dans ses firewalls. Hier, le fabricant d'équipements réseaux Juniper a fait savoir qu'il avait trouvé du code suspect dans certains modèles de pare-feu de la marque. Cette découverte inquiétante semble faire écho aux soupçons de piratage des firewalls de Juniper par la NSA avec une back door, dont il était fait mention dans les documents fuités par Edward Snowden. Les produits affectés tournent avec ScreenOS, l'un des systèmes d'exploitation de Juniper, fonctionnant sur une série d’appliances utilisées comme pare-feu et comme support pour le VPN. Selon l’avis publié par l’équipementier, les versions 6.2.0r15 à 6.2.0r18 et 6.3.0r12 à 6.3.0r20 de ScreenOS sont vulnérables. « Le code non autorisé a été découvert pendant un audit récent mené en interne », a expliqué Bob Worrall, le CIO de Juniper. Mais le fabricant n'a pas don...

Une nouvelle affaire de vol de millions de mots de passe

Le serveur qui hébergeait les données volées à Adobe renfermait aussi 42 millions de mots de passe dérobées à un site de rencontre australien.  Là encore, la sécurité mise en place autour de ces données paraît bien mince. Le blogueur spécialiste de sécurité  Brian Krebs  semble être tombé sur un nid : après avoir retrouvé sur un serveur utilisé par des hackers les  millions de données volées à Adobe,  mais aussi des informations piochées chez PR Newswire et au sein d’une organisation à but non lucratif chargé de lutter contre… le cybercrime, ce sont cette fois-ci 42 millions de mots de passe qu’a  récolté l’ex-journaliste . Ces sésames, disponibles en clair dans le fichier mis au jour,  proviennent de Cupid Media , un site australien spécialisé dans les rencontres en ligne. Selon cette société, ces informations résulteraient d’une  attaque détectée en janvier dernier . Elle affirme avoir depuis enjoint les utilisateurs concernés de m...

Smartphones et tablettes : un gros manque de protection !

D'après Symantec, les internautes français sont davantage touchés par la cyber-criminalité sur mobile que leurs homologues européens, et rares sont ceux qui se protègent vraiment Les chiffres du "Norton Report 2013" montrent, en effet, un important besoin d'information et d'éducation des particuliers, mais aussi des entreprises sur les vulnérabilités des terminaux mobiles. 41 % des français utilisant des smartphones ont pourtant déjà été victimes d'actes de cybercriminalité au cours de l'année écoulée contre seulement 29 % en Europe et 38 % dans le monde. " Ce fort impact de la cybercriminalité sur mobile est à mettre en parallèle avec le fait que 60 % des utilisateurs de terminaux mobiles ne savent pas qu'il existe des solutions de sécurité pour terminaux mobiles " note Symantec. Il faut dire aussi qu'en France, 29 % des adultes utilisent leur terminal personnel à la fois pour travailler et pour jouer, contre 38 % e...